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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Ma première instruction chez les Mirauds

Monitrice de plongée sous-marine et institutrice, j'ai commencé à voler pour le loisir il y a 30 ans en pratiquant le vol libre (deltaplane) pendant 10 ans, puis j'ai passé mes brevets de pilote d'avion de tourisme, d'hélicoptère, d'ULM avant de devenir instructrice avion et ULM.

Le 22 juin 2012, j'ai assisté à une séance en vol au départ de Saintes avec Francis, un pilote non voyant.
Après avoir installé derrière son siège le soundflyer qui émet les signaux sonores qui lui fourniront en stéréo des informations sur l'inclinaison ou l'assiette de l'avion, Francis fait la visite pré vol du DR 400 en palpant les ailes, le fuselage, en actionnant les gouvernes...

Nous nous installons à bord. En place arrière, j'observe et j'écoute les indications que lui donne Alex, son instructeur, au roulage, lors des essais moteur, pour s'aligner et pour décoller.

La montée initiale est plus mouvementée que d'ordinaire mais ça fait partie du "jeu" et je ne perds pas une miette du comportement de l'avion, du pilote et de l'instructeur.

Après quelques évolutions en local et un atterrissage guidé à la voix, Francis arrête le DR400 sur le taxiway et Alex descend. Je m'installe en place avant droite pour, à mon tour, accompagner Francis, lui transmettre certaines informations et assurer la vigilance visuelle au sol comme en vol. Je suis impressionnée: il pose l'avion sans que je ne touche les commandes !

Forte de cette expérience, je retrouve Francis quelques jours plus tard (le 28 juin), pour un voyage Saintes/Périgueux où nous retrouvons d'autres pilotes pour déjeuner. Francis effectue la branche retour. Le temps chaud et les turbulences ne lui facilitent pas la tâche... Mais nous sommes enchantés de ces moments partagés.

Le mois suivant, l'association les Mirauds Volants organise à Saintes un stage de pilotage de 4 jours auquel participent 4 élèves dont l'expérience varie de 4 à 20 ( ? ) heures de vol. Ils viennent de Paris, Lyon, Bordeaux ou Carpentras. Meriam, Véronique, Salim et Bernard ont entre 20 et 55 ( ? ) ans, des professions diverses mais sont tous animés par la même passion du vol que moi.

La première journée est consacrée à la théorie, mauvaise météo oblige. A tour de rôle, chacun lit aux autres le cours rédigé en braille. On répond aux questions, on explicite certains points.

Ce jour-là, je teste au sol le soundflyer sur un simulateur de vol mais j'ai l'écran sous les yeux et j'ai du mal à faire abstraction des informations visuelles qu'il me fournit pour me focaliser sur les signaux sonores. Cela demande une attention extraordinaire et je "décroche" rapidement...
Je me promets de faire un jour une séance en vol en "aveugle" équipée du casque et accompagnée d'un instructeur, ce qui me mettra face à ma réalité...

Le deuxième jour, la météo se dégage un peu et je vais pouvoir accompagner les quatre élèves-pilotes.
Les premiers vols se feront dans un temps très agité avec du vent et des turbulences mais qu'importe, chacun était impatient d'être en l'air et même si je ne juge pas ces conditions très démonstratives, l'important est de voler.

Des binômes ont été constitués afin qu'en place arrière, l'un des deux puisse profiter de la leçon de celui qui pilote. Chacun réalisera également un second vol avec Alex.

Pratiquement, chaque pilote effectue sa visite pré-vol et tout ce qui est à sa portée.
Le pilote en place arrière lui lit la check-list en braille.
Je me contente d'indiquer les positions des aiguilles et les niveaux.
Ce qui m'étonne, c'est que tous souhaitent faire de la navigation, voyager, aller se poser sur d'autres terrains.

En trois jours, nous nous posons à Jonzac, Saint Pierre d'Oléron, Saint Jean d'Angély, Rochefort ou Niort pour effectuer des changements de pilote.

Je décris les paysages que nous survolons, les camaïeux de couleurs de l'océan, les lignes des vagues, les étendues de sable, les fonds marins, les sombres stratus, les cumulus pommelés ou les cumulonimbus menaçants et je suis stupéfaite d'entendre l'un ou l'autre me dire "c'est trop beau!"...

Au total, chacun a effectué environ 4 heures ( ? ) de vol en place pilote.

A la fin du stage, je me dis que j'ai beaucoup à apprendre encore pour pouvoir transmettre les informations judicieuses et trouver la bonne place dans la relation qui s'établit immanquablement avec l'élève, dans cette situations plus encore que dans les situations classiques d'apprentissage.

C'est pourquoi les instants partagés en dehors des vols sont essentiels: partage des repas, soirées passées ensemble...
Je crois avoir au moins autant appris au cours de ce stage que les élèves eux-même.

Aude


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