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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Il est enfin arrivé !

Certaines et certains d'entre vous étaient au courant mais, peut-être comme nous (comme Chantal et moi), vous commenciez à ne plus trop y croire. Ces deux-là, depuis le temps qu'ils nous parlent de cet avion formidable qu'ils ont, soit disant, acheté...

Eh oui, nous non plus, depuis plus de trois mois que les choses étaient engagées, nous commencions à fatiguer. D'accord, proffitant de ma présence sur PARIS à la suite du salon AUTONOMIC nous avions, le samedi 16 juin, fait un saut à CAMBRAY pour finaliser la transaction et pour savoir ENFIN à quoi ressemblait notre avion. Nous l'avions découvert, visité, exploré... Mais avant comme après, Dame météo avait continué à faire des siennes, ne nous laissant jamais deux jours de beau temps sur l'ensemble de la FRANCE pour transférer notre acquisition du nord au sud de l'hexagone.

Eh puis, depuis une dizaine de jours, un obtimisme très mesuré s'était à nouveau manifesté. Nous avions décidé de tenter le tout pour le tout durant le dernier week-end, samedi, ou peut-être dimanche... Et les choses avaient commencé à se mettre en place, comme les pièces d'un puzzle au-travers desquelles, même encore incomplètes, on commence à deviner à quoi va ressembler l'image une fois terminée.

Vendredi, tous les acteurs étaient en place, avaient apparemment bûché leur rôle, et même l'anticyclône semblait avoir compris qu'on attendait plus que lui.

Alors, j'ai donné le top du départ, et la représentation a commencé...

Nos billets de train en poche, je prends le train pour PARIS à la gare MATABIAU. Jean-Pascal (dit J P), mon instructeur et amis ne me rejoindra qu'en gare d'AGEN car, le matin-même, on lui a demandé de convoyer un avion sur l'aérodrome de cette ville. Pendant ce temps, à PARIS, Chantal s'occupe d'acheter tous les titres de transport qui, le lendemain matin, nous permettront de traverser la Capitale d'Est en Ouest. Pendant notre voyage, JP et moi affinons la nave du lendemain et nous familiarisons avec le BOISAVIA -type Mercurey) au travers de l'énorme documentation que nous a remis Vincent, son aix propriétaire. Nous débarquons enfin à MONTPARNASSE à 22h33, et il nous faut attendre un taxi pandant presque une heure. Enfin arrivés chez Chantal qui nous attend avec le repas, c'est bien au-delà de minuit que nous nous couchons.

Dimanche matin, dès après le petit déje, nous squatons l'ordinateur de Chantal, examinons les dernières prévi météo et repassons brièvement la nave. Les notams, sur toute la route choisie (cc'est à dire, tout droit vers le sud), ne nous annoncent rien de vraiment génant, et le ciel devrait nous gratifier de 20 noeuds de vent arrière au-dessus du niveau 50 ; tout continue à se présenter au mieux pour notre entreprise.

Branlebas de combat un peu avant 10h. R E R, métro, puis train de banlieue jusqu'à VILLEPREUX-LES-CLAYES (gare la plus proche de CHAVENAY)... Pour JP qui n'a pas l'habitude des transports en commun de la région parisienne, tout est nouveau. Une fois à VILLEPREUX, nous retrouvons Joël SALVADOR, avec qui je suis toujours resté en contact et qui, avec sa gentillesse habituelle, a tenu à venir nous chercher avec sa 2 chevaux pour nous conduire au terrain.

Joël, pour celles et ceux, trop récents dans l'association et qui n'en auraient pas encore entendu parler, c'est le " papa " du SOUNDFLYER ; c'est du moins lui qui, au sein de l'équipe d'ingénieurs qui nous l'a fabriqué, a coordonné le projet. Mais Joël, c'est surtout un pilote d'avion, d'ULM et de planeur, (un gars qui aime vraiment ça, quoi), et le terrain de CHAVENAY, c'est chez lui. C'est le pourquoi, après que Vincent m'ait proposé de faire une partie du chemin pour nous descendre l'avion aux environs de PARIS, nous avions arrêté le terrain de CHAVENAY pour procéder au changement d'équipage et convoyer le BOISAVIA vers le Sud.

Tout était ainsi bien en place et le timing parfaitement règlé, mais restait quand-même un problème qui n'était pas élucidé. JP et moi, en dépit de l'autonomie annoncée pour cet avion (soit plus de 6h), préférions prendre la machine en main avec un plein complet de carburant. Or comme nous ne savions pas avec quelle quantité d'essence dans les réservoirs Vincent nous remettrait l'avion, il nous fallait trouver un moyen d'avitailler avant de décoller. Et ce ne fut pas chose facile... Là encore, un grand merci à Joël, qui semble décidément connaître tout le monde sur sa plate-forme. A la Tour (et pour d'obscures raisons), aucun moyen d'avitaillement pour les avions de passage. Mais, " voyez avec les aéro-clubs, c'est bien le diable si... " Et ce fut le diable. Aucun des aéro-clubs consultés n'accepta de nous laisser faire le plein sur leur compte (moyennant un remboursement de notre part, bien entendu, et ce, en espèce, par chèque ou carte bancaire, à leur convenance). Ils avaient bien des cartes d'avitaillement, mais chacune était nominativement liée à l'un de leurs avions, et pour des raisons de gestion du stock et de contabilité, il n'était pas possible de faire proffiter de cette carte un avion extérieur à leur association... Ca commençait à sentir mauvais...

Enfin, Joël nous dévoila une dernière idée : nous nous rendîmes vers des hangars occupés par des pilotes privés et il s'adressa à un mécano. C'est alors que j'entendis : " amène-le, ton avion, on va te le remplir "! Ouf ! nous étions sauvés.

Cependant, l'avion, lui, n'était toujours pas là. J'avais bien essayé plusieurs fois, par téléphone, de joindre Vincent, mais je tombais sans-cesse sur sa messagerie. Je le supposais donc en vol... Du moins, je préférais à beaucoup d'autres cette supposition-là.

Enfin, vers 13h30, la grande silhouette du BOISAVIA se profila sur le seuil de piste.

Je vous passe tous les détails, mais c'est à 14h39 que, les pleins refaits, JP lâché sur l'avion au terme d'un tour de piste de prise en main, nous avons enfin pu décoller à destination de NOGARO.

NOGARO, pour le contrôle de SEINE-Info, c'est un peu comme si on leur parlait d'un terrain de Papoisie. Alors, il fallu leur expliquer que ça s'appelait aussi L F C N, et nous nous comprîmes à peu près.

L'avion volait bien, propulsé par ses 180 chevaux, mais il était assez loin d'atteindre la vitesse de croisière annoncée à 2300 tours, soit 200 Km heure. Disons qu'il taillait tranquillement sa route aux allentours de 170 Km heure.

La qualité de la réception radio et des échanges intercoms était assez épouvantable car plaine de parasites divers, médiocrité que nous avons attribuée à un défaut d'anti-parasitage de l'alternateur. Mais la machine se révêlait très agréable à piloter. Cependant, dans ses réactions aux commandes, il est plus proches de l'AIRBUS que du DR400 ! Enfin, je veux dire que les mouvements au manche, tant en rouli qu'en tangage, ne doivent pas excéder quelques milimètres, (tout au plus 1 centimètre), et que, quand la note du SOUNDFLYER n'est plus parfaitement centrée entre les deux oreilles, il vaut mieux la remettre au milieu d'un petit coup de palonnier. Mais en dehors de ces particularités, il vole parfaitement bien.

Chemin faisant, au bout d'environ 2h de vol, nous fîmes un point tournant et un bilan carburant. Et là, surprise... Inquiétude... La position du sélecteur étant bien sur les deux réservoirs, l'interrogation de la jauge nous révèle un réservoir gauche quasi vide, mais un réservoir droit quasi plein. Là, y'avait bien un truc, et le droit ne se vidait pas. Rapide consiliabule entre JP et moi : nous étions travers POITIERS et c'était, avant bien longtemps, le seul terrain possédant de l'essence qui se trouvait directement sur notre route. Autorisation du contrôle, descente rapide (tout réduit) depuis le niveau 65 où nous étions bien au frais, et nous nous posons à POITIERS pour refueler.

Bilan de l'opération, en dehors d'une heure de perdue au sol, le gauche renfermait encore plus de 50 litres, et le droit ne s'était qu'à-peine vidé puisque je n'y ai remis que 11 litres. Y'à donc bien un truc, c'est pas grave mais il faudra voir ça à NOGARO.

Mais nous n'étions pas au bout de nos découvertes... Une fois le carburant payé, la taxe d'atterrissage réglée et le contrôle de sécurité repassé, (comme si nous étions des terroristes), nous revenons vers l'avion. Il faut vous dire que le BOISAVIA est un avion à train classique. En tant que tel, et étant relativement lourd, il est équipé d'un dispositif qui permet, en vol et au roulage, de solidariser la roulette de queue avec les palonniers (la rendant directrice), mais au sol, afin de rendre les manoeuvres plus aisées en raison du poids, on peut déverrouiller cette roulette de queue et la rendre complètement folle. Jean-Pascal s'était bien aperçu que le système de vérouillage, malgré les dires de Vincent, était assez aléatoire mais, jusque là, tout avait bien fonctionné.

Nous nous installons à bord... Le démarreur, comme il nous l'avait fait au départ de CHAVENAY se met à ronfler, s'emballe... Mais n'entraîne pas le moteur. Un essai, puis un second... JP descend, remue l'hélice, tape de petits coups sur le démarreur. Nouvel essai et, aux mêmes causes les mêmes effets. Notre démarreur n'entraîne toujours pas le moteur. Enfin, après plusieurs tentatives infructueuses, le moteur démarre. Nous roulons et atteignons le point d'arrêt. Check-list avant décollage, essais moteur... Autorisation de s'alligner pour décollage. On met les gaz, et notre coucou se met tout bonnement à décrire des cercles en tournant sur lui-même comme une toupie... Le vérouillage de la roulette de queue s'est désenclanché et elle est maintenant complètement folle. Et un tour, et deux tours, un troisième... Grand coup de frein du pied droit, plein gaz... L'avion se remet en ligne et roule droit, enfin. Nous expliquons au contrôleur que notre avion est un vieux papi datant de 1957, et qu'il a ses " petites manies ", et, surtout sans couper l'élan de la machine qui roule désormais sur l'axe de piste, lui demandons s'il nous autorise toujours à décoller. Il rit de bon coeur et nous confirme l'autorisation. On décolle et on retrouve la grande liberté du ciel.

Que vous dire de la seconde moitié de ce voyage, au demeurant fort agréable malgré les petites imperfections d'une machine ancienne, (et c'est comme ça qu'on les aime), mais aux grandes qualités de vol... A l'atterrissage à NOGARO, bien sûr, la roulette de queue ne s'était pas réenclanchée par miracle, et cela nous occasionna une sortie de piste magistrale et très remarquée. L'avion possédant des roues énormes, il encaissa sans dommages les inégalités du champ qui, ver l'Est, borde la piste, et nous regagnâmes le bitume de façon un peu rocken-roll, mais sans dommage.

Alors, on sait que quelques travaux seront nécessaires pour rendre cet avion irréprochable, mais que voulez-vous, quand on aime les machines anciennes et l'aventure, de tels vols sont là pour nous combler et nous rappeler un temps où les avions n'étaient pas stationnés, pleins faits et huile vérifiée, devant les hangars. C'est un temps où, si les pilotes voulaient s'adonner à leur passion, et même s'il a toujours existé des mécaniciens, il fallait souvent mettre la tête dans son moteur, et c'était certainement très bien comme ça !

Patrice.


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