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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Mon premier stage

En ce mercredi 12 octobre 2016, je suis très excitée en descendant du train à la gare de Saint-Etienne. Bien qu’ayant quelques heures de vol à mon actif, c’est mon premier stage et j’ai hâte d’approfondir enfin mes connaissances théoriques. Mais c’est aussi la première fois que je vais voler en ULM et je suis très impatiente de découvrir ce nouvel oiseau mécanique.

Il ne fait pas beau mais nous restons optimistes pour le lendemain. Je fais rapidement la connaissance des autres stagiaires, du moins ceux que je ne connais pas déjà, ainsi que de Josiane et de Pascal, deux parents qui nous accompagnent et nous prêtent main forte et œil bien-voyant et dont l’aide et la gentillesse seront durant tout le stage un vrai bonheur.

Après avoir rencontré quelques membres de l’aéro-club des Ailes Foréziennes qui nous accueillent chaleureusement, après avoir partagé un excellent repas, l’ambiance se pose doucement dans le petit groupe, entre éclats de rire, discussions aéro, chamailleries et débats de société.
Lorsque je m’endors dans notre confortable chambre d’hôtel, je sais que je passerai un formidable séjour.

Le lendemain pourtant, le temps n’a jamais été aussi terrible. Le ciel est bas et gris, il pleut et le plafond ne montera pas de toute la journée, nous clouant au sol. Qu’à cela ne tienne, nous nous engageons dans une journée de cours théoriques, assis autour d’une table bien au chaud dans les locaux de l’aéro-club.
Les oreilles grandes ouvertes et le cerveau en ébullition, j’apprends des notions de météo, à lire et à comprendre une carte VAC ou encore ce qu’est exactement un ULM et les différents types qu’il en existe.
Franck nous fait aussi profiter du simulateur, ce qui me permet de me réaccoutumer en douceur avec le Sound Flier et le pilotage.

Dans l’après-midi, nous allons dans le hangar découvrir les machines qui nous servirons à prendre notre envol, un avion DR400 pour quatre d’entre nous, un ULM p92 pour les quatre autres, dont je fais partie.
Je fais avec ravissement la connaissance de ce petit appareil ultraléger, que l’enfant en moi trouve aussitôt tellement mignon. Eh oui, je n’aime pas seulement piloter, j’aime aussi découvrir des aéronefs, leur forme, leur couleur, et certains par une sorte d’harmonie qu’ils dégagent obtiennent de ma part une préférence et un attachement immédiat. C’est le cas de ce petit P92.

Nous faisons ce que l’on appelle un amphi cabine, c’est-à-dire l’apprentissage de la position de toutes les commandes et de tous les interrupteurs du tableau de bord de l’appareil. C’est en somme une chance qu’il fasse si mauvais dehors, car si nous avions pu voler plus tôt, nous aurions sans doute passé moins de temps à cet exercice alors qu’il est indispensable, en particulier pour nous qui ne pouvons repérer les choses que par le toucher.
Pendant que d’autres prennent ma place à l’intérieur de l’ULM, Patrice en profite pour me donner un petit cours d’aérodynamique, un cours de base que les autres ont déjà eu lors de précédents stages et qui me manque. Mon esprit résolument scientifique et mon affection pour la physique me rendent aussitôt extraordinairement enthousiaste. A mesure que le président me démontre ce qui, physiquement, provoque la portance, ce qui entraîne une modification de l’assiette ou de l’inclinaison de l’avion, j’ai soudain l’impression d’une illumination, la sensation que tout un pan d’univers s’éclaire pour moi. J’avais une idée assez imprécise de comment un avion volait, maintenant, tout répond à une logique rationnelle et implacable et je trouve ça prodigieusement exaltant.

Le lendemain, le ciel nous déçoit une fois de plus. Dans ce temps froid et maussade, sous ce plafond nuageux qui nous touche presque la tête, nous n’avons d’autre choix que de nous cantonner une fois de plus à de la théorie.
Ce jour-là, c’est sur la phraséologie en radio que va porter notre enseignement. Je suis particulièrement contente parce que jusqu’à présent, je n’ai jamais osé faire ma radio, j’ai toujours préféré laisser mon instructeur parler, n’étant absolument pas au fait des règles très précises qui régissent cet art.
Je découvre donc avec grand intérêt ce qui doit s’annoncer, dans quel ordre et avec quels mots, mais aussi le devoir de collationner, répéter les informations les plus importantes données par le contrôleur, savoir exactement lesquelles sélectionner, lesquelles n’ont pas besoin d’être redites.
En fin d’après-midi, Jean-Louis, un ancien contrôleur de la tour de Saint-Etienne, vient nous proposer un exercice plus concret et pratique. Il s’installe dans la pièce à côté avec un talkie-walkie. Pendant ce temps, nous récupérons chacun une fiche en braille avec quelques informations sur une situation imaginaire, par exemple, un DR400 au parking club, qui aimerait décoller pour un vol à destination de Feurs. A nous de convertir ces informations en une communication radio efficace et pertinente. Jean-Louis, lui, nous donne le change comme s’il était à la tour.
L’exercice est bien pensé car, quand on n’a pas notre correspondant en face de nous, on se sent tout de suite plus démuni et comme si on était en situation réelle. Toutefois, on sait bien que si on commet des erreurs, elles n’auront pas d’impact réel et c’est un bon moyen de progresser dans une situation à la fois réaliste et rassurante.

Au bout de quelque temps, la plupart d’entre nous commencent à se sentir à l’aise. Les communications radio se prolongent, nous ne nous contentons plus d’un seul échange, mais nous continuons l’exercice au-delà de ce que notre situation de départ avait prévu. Finalement, Thomas s’en mêle, se faisant passer pour un autre pilote en vol et venant corser un peu la situation. Après l’avion faisant un atterrissage raté et perdant des pièces sur la piste, nous avons droit au passage de deux Rafale et il nous faut nous adapter à ces imprévus, être attentifs aux nouvelles instructions du contrôleur. Entre sérieux et rire, cette journée se termine en me laissant beaucoup plus confiante et sereine au sujet de la radio. Je crois, me dis-je en tremblant tout de même un peu à cette idée, que je pourrai m’y essayer en condition réelle, si tant est que la météo daigne se montrer plus clémente demain.

Et c’est ce qui se produit. Le lendemain, le ciel est bleu et il fait grand soleil. Je suis un peu stressée, car c’est la première fois que je vais monter seule avec un instructeur à bord d’un aéronef, d’autant plus que cela fait plus d’un an que je n’ai pas touché à un manche. D’habitude, il y a toujours Franck, mon mari et le fou qui m’a entraînée dans cette aventure volante, en place arrière. Ca ne change rien, fondamentalement, mais ça me rassure. Seule avec un instructeur, j’ai peur de ne pas savoir des choses et de n’avoir personne pour me les souffler, j’ai peur de faire des gaffes, d’être empotée…
Mais le P92 n’a que deux places. Il va donc falloir que je prenne mon courage à deux mains et que je me lance. Heureusement, le courant passe tout de suite bien avec Isabelle, notre instructrice. De plus, après seulement quelques minutes de vol, je me rends compte que tous mes vieux réflexes sont encore là et que je n’ai rien perdu, contrairement à ce que je redoutais.

Isabelle parvient à nous faire faire deux vols à chacun dans la journée. Si le premier s’avère difficile à cause de soucis techniques liés au Sound Flier, nous parvenons finalement à les régler et le deuxième vol se passe à merveille. Bien sûr, ce ne sont que des vols locaux, mais Isabelle me propose un grand nombre d’exercices, mise en palier, mise en descente, mise en montée, virages et j’ai le net sentiment de progresser, d’acquérir plus d’assurance. Et puis surtout, ce sera ma grande fierté du séjour, je fais toute ma radio toute seule, avec un aplomb qui me surprend moi-même et pratiquement sans faire d’erreur.

Le lendemain, la météo est toujours aussi radieuse et nous voilà repartis pour une journée de vol. Cette fois, nous allons faire un toucher au petit aérodrome de Feurs. Je n’avais jamais fait de toucher, simplement poser l’avion et remettre les gaz aussitôt pour redécoller. La grande enthousiaste que je suis est immédiatement enchantée par ce nouvel exercice, d’autant plus que Feurs est un lieu qui me rappelle des souvenirs de ma petite enfance et que je suis ravie d’y être passée en ULM.

Lorsque nous nous quittons à la fin de ces quatre jours riches et intenses, je suis un peu fatiguée, mais très satisfaite de ce que j’ai vécu. J’ai le sentiment d’avoir franchi un nouveau palier dans la confiance en moi aux commandes, confiance dont j’ai toujours l’impression de manquer un peu. J’ai l’impression de mieux connaître, de mieux comprendre et de mieux maîtriser. Nous avons aussi partagé de très bons moments de convivialité avec le reste du groupe et je repars enchantée et heureuse à la perspective de bientôt pouvoir piloter avec encore plus de précision grâce au Sound Flier 2 qui sera disponible très bientôt.

Florie.


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