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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Malgré les intentions qui avaient animées un certain nombre d'entre vous, je me suis retrouvé seul à représenter notre association sur cette manifestation, et c'est bien dommage tant, en dépit des aléas d'organisation et couacs divers et annoncés, ce centenaire fut, pour moi, l'occasion de faire le plein d'amitiés et de rencontres aussi chaleureuses qu'inattendues. Enfin, tant pis pour les absents qui n'ont pas voulu courir les risques d'une manifestation qui, si elle peut malgré tout être considérée comme un succès, fut jusqu'à sa veille un tissu de désorganisation. Merci à toutes celles et ceux qui, en dépit de leur fatigue et de leur ras-le-bol, tinrent bon le cap et réussirent à pallier un flou organisationnel qui n'avait rien d'artistique. Ce qui aurait dû, étant donné l'importance de l'événement, être une commémoration mondiale reste néanmoins une manifestation locale de belle importance.

Bien sûr, et comme certains d'entre nous le savions déjà, malgré des annonces mensongères tant de fois réitérées le " clou du spectacle " n'eût pas lieu et la réplique du Canard d'Henri FABRE ne vola pas : en effet, malgré des allégations tenaces, il nous fut présenté dans une version bien déplumée. Nous ne pouvons que le regretter car cet immense travail, auquel ont participés des stagiaires et ex stagiaires des sections aéronautiques de l'AFPA de Bègles, aurait mérité de couronner les efforts qui ont coûté tant de week-end et de nuits de travail. Mais, nous le savons désormais, non seulement cette réplique qui aurait dû voler en catégorie ULM ne figurera jamais au rang des ultra légers en raison de grossières erreurs de conception, mais elle ne volera jamais si nous n'en voulons pour preuve le fait que, lors de toutes les manifestations futures où cette réplique aurait dû figurer au rang des matériels volants, elle n'existera qu'en tant que " pot de fleurs " statique, et c'est peut être mieux comme ça. Bien triste destin pour ce " Canard " qui, à la croisée de deux chemins, aurait non seulement pu clore un siècle d'hydraviation en rappelant au Monde le génie de son inventeur, mais aurait également pu symboliser l'envol vers le futur grâce à la modernité d'une construction prometteuse en innovation technologique. Tant pis, même en aviation il est des moments où hypertrophie de certains egos et mensonges maintenus et réitérés constituent un frein rédhibitoires aux lois de la sustentation. C'est simplement dommage pour toutes celles et tous ceux qui y ont cru et ont donné de leur temps et de leur argent sans compter ; qu'hommage leur soit rendu ici.

Mais cela ne réussit pas à altérer la qualité des rencontres que je fis durant ces deux journées, ni la chaleur d'amitiés trop rarement rassemblées mais que je goûtais à leur juste saveur. La faconde d'un Louis FABRE (l'un des quatre derniers enfants vivants d'Henri FABRE), âgé de 94 ans, ou la verve d'un Gérard FARMAN (petit fils d'Henri FARMAN) me furent une découverte bienfaisante.

Les retrouvailles (trop rares à mon goût) avec mon ami Olivier LECHEVALIER, chef pilote de la base d'hydravions de Marignane et la rencontre avec Jane PLANCHON, l'une des deux jeunes femmes, avec Kathy ARAZO, promues au rang de pilote de CANADAIR et également marraines du projet FABRE, eûrent le mérite de me faire d'autant mieux apprécier la démonstration d'écopage et de largage qu'Olivier et Jane nous firent à MARTIGUES, l'après-midi du samedi. Je retrouvais également mes amis Isabelle CHIBRAC et Bernard DAURAT, Bernard étant mécanicien restaurateur au Musée de l'hydraviation de BISCARROSSE ainsi que Jean-Pierre CONDAT, peintre et collagiste aéronautique avec qui j'effectuais les trajets aller et retour. Pour mémoire, c'est à Jean-Pierre que nous devons la carte postale de notre association.

D'hydravion, bien sûr, il en fut question pendant ces deux journées. Tout d'abord pendant les multiples évocations d'Henri FABRE, inventeur du Premier d'entre eux. J'appris à cette occasion que celui qui imagina le premier "sea-plane") n'avait jamais piloté quoi que ce soit avant de déjauger son " Canard ", mais également qu'il ne totalisa pas plus d'une dizaine d'heures de vol dans sa vie, tant cette invention majeure fut, pour lui, l'un des aléas de son existence. Afin d'en savoir plus à son sujet, je ramène avec moi la réédition de son livre : " J'ai vu naître l'aviation " (Editions du Cherche Midi), qui sera prochainement disponible dans notre bibliothèque sonore.

Mais les amis de la base d'hydravions du lac de Come, en Italie, avaient eux aussi relevé le défi. Sous la conduite de Cesare BAJ, ils n'avaient pas craint de franchir les Alpes avec deux de leurs appareils (Un Cessna 206 amphibie et un LAKE) et trois jeunes apprentis pilotes afin que l'hydraviation de loisirs soit représentée lors de cette manifestation. Se sont aussi posés sur l'étang de Berre, pour s'amarrer dans le port de Martigues, le Cessna 185 d'Aeromer et un ULM hydro Transat Aerolac de Salon Eyguières.

Lors de mes innombrables échanges avec les personnes présentes, j'eus la satisfaction, toujours renouvelée, de me voir confirmer que notre association était connue de leur immense majorité et que ceux qui la découvraient ne tarissaient pas de questions afin de comprendre comment une personne aveugle ou fortement handicapée de la vue pouvait elle aussi s'adonner aux joies du vol. L'idée de " ces merveilleux fous volants avec leurs drôles de cannes blanches " est désormais bien ancrée dans notre milieu aéronautique hexagonal, et même européen... Encore une occasion qui m'est donnée de vous dire qu'il ne faut pas la laisser s'éteindre.

Patrice

Quelques photos de la manifestation.


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