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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Bien sûr, ce 13ème rassemblement fut pour moi l'occasion de nombreuses rencontres avec des amis, mais il fut aussi l'occasion d'approcher de bien belles machines, et d'autres, de légende. Il serait fastidieux de vous narrer, par le menu, le détail de toutes ces rencontres et d'ailleurs, je ne pense pas que cela soit important pour chacun de vous.

Dommage... J'étais encore le seul " MIRAUD VOLANT " présent sur les lieux mais, avec un ami spotter, Patrick, nous avons passé tout l'après-midi du jeudi sur le petit terrain d'aviation de Biscarrosse-Lahitte. Y étaient notamment stationné l'essentiel des machines participant au meeting qui, tous les après-midi, animait le ciel au-dessus du lac : vaste terrain accueillant les formations du SEFA, mais quasi sans barrière et sans tralala : nous avons pu, à loisir, approcher les machines, les toucher, monter à l'intérieur et échanger avec les équipages. A mon habitude, cela m'a permis de prendre bien des photos dont j'adresse un résumé à Franck, en illustration de ce petit compte-rendu.

Mais ce que j'ai envie de vous raconter, c'est l'histoire d'un étrange " Canard " toulousain mâtiné de Bresse, de l'extraordinaire équipe familiale et de copains qui l'a réalisé et de l'atmosphère de gaité et de franche amitié qui caractérise ce groupe de passionnés.

Je vous avais déjà parlé, en octobre dernier ainsi que lors de mon déplacement à Martigues des 27 et 28 mars, de la réplique en aluminium du " Canard " d'Henri FABRE reconstruite par l'AFPA de Bègles. Cette réplique était aussi à Biscarrosse et eût d'ailleurs quelques menus ennuis sur lesquels j'aurais la décence de ne pas m'étendre. C'est essentiellement dommage pour l'équipe qui, durant plus d’un an, a passé des milliers d'heures à réaliser cette réplique. Mais, comme je vous l'ai déjà expliqué, même dans le milieu aéronautique l'hypertrophie de certains egos a malheureusement le pouvoir de ruiner les entreprises les plus sincères (du moins, au départ).

Donc, à peine de retour de Martigues, nous avions appris l'existence d'un autre " Canard " : une autre réplique de ce tout premier hydravion, construite en bois et toile par une petite équipe d'amateurs passionnés. Bien sûr nous avons continué à suivre (pour mon compte d'un peu loin et par personnes interposées) l'aventure de se second spécimen débutée seulement en février 2010. Elle faillit même ne jamais se réaliser, tant la modestie de ses concepteurs leur laissait penser avoir complètement raté le rendez-vous de l'anniversaire du centenaire. Mais, encouragés par de vrais amis, notre " Canard en bois " fut suffisamment avancé pour faire ses premiers essais de flottabilité et de déjaugeage sur le lac privé de Cornebarrieu (31) le 28 mars dernier, jour anniversaire du premier vol d’Henri Fabre !... Et cette première étape du défi fût réussie. De nouveaux flotteurs, des adaptations du haubanage… et le 2 mai l’équipe convie tous les proches et intéressés à une deuxième sortie avec toujours l’espoir de voir ce sympathique canard se soulever au-dessus de l’eau. Son moteur fut mis en route et bien que la température fût plutôt automnale, sous des averses fournies et les pieds dans la boue, le public présent a assisté à plusieurs allers et retours sur le lac du canard accompagné par un zodiac. Enfin, il fit plusieurs essais de taxiage et parvint même à déjauger deux de ses flotteurs. C'était encourageant, mais Guillaume BULIN et son équipe décidèrent sagement d'en rester là : le " Canard " devait encore être amélioré, particulièrement au niveau de son hélice trop modeste, et il convenait de poursuivre les essais de manière rigoureuse.

Guillaume, ses amis et sa famille (son père Marc et sa mère Annie) ne sont pas des néophytes en la matière. Ils ont déjà à leur actif la reconstruction, il y a sept ans, d'une réplique volante du FLYER des frères Wright ainsi que celle, statique, du premier hélicoptère Le Cornu. Les plans et la mise en œuvre, c'est la tâche de Guillaume, jeune ingénieur AIRBUS fraîchement sorti de l'ESTACA. Les parties en bois sont réalisées par Marc, son orfèvre de père, à Bourg-en-Bresse où il réside. Quant à l'entoilage, il est patiemment cousu à la main par Annie qui a ainsi réalisé à l'ancienne, plusieurs mètres de voilure. Quant à sa fiancée et ses futurs beaux-parents, il est formidable de voir combien ils sont présents et solidaires à chaque moment de cette belle aventure.

Nous avons beaucoup côtoyé cette sympathique équipe, d'autant plus qu'ils sont sans manière, n'ont rien à prouver. Ils étaient uniquement là pour présenter leur réplique au public de Biscarrosse, se faire plaisir et pour continuer leurs essais. Pendant tout le rassemblement, tout en expliquant aux badauds leur construction, avec toujours la même gentillesse, ils mirent la dernière main à leur réalisation et à ses derniers réglages.

Après trois jours d’exposition statique près du Musée de l’Hydraviation, Dimanche 16, dernier jour de la manifestation, nous étions tous autour du " Canard Bulin " de très bonne heure avec les croissants, car était prévue sa seconde mise à l'eau afin d'en parfaire les essais et réglages. Encore une fois, rien à prouver... Ca marche : on continue... Y'a problème, on arrête et on peaufine.

Le gile appareil fut juché sur d'ingénieux charriots imaginés par Marc et, en procession prudente (eût égard à son envergure non négligeable), nous le suivîmes le long du musée jusqu'à son lieu de mise à l’eau.

Derniers ajustements et réglages et, doucement, on le fait glisser dans le petit canal d'où un bateau à moteur le remorquera jusqu’à la plage du bord du lac pour les essais. Il flotte vraiment bien !

Relié au zodiac et prudemment guidé par quelques pompiers hommes grenouilles qui restent dans son sillage, Guillaume Bulin au poste de pilotage (juché sur un siège en osier placé sur la structure centrale) arrive sans encombre à son lieu de destination. Même pendant cette opération délicate, ce sont les rires et les plaisanteries qui l'emportent ; l'équipe est là, soudée, solidaire ; le travail est phénoménal mais personne ne se prend au sérieux. Nouveaux réglages de l'inclinaison des flotteurs, tension de quelques haubans et on met le moteur en route. Grand moment !... Après avoir un peu renâclé, le petit ROTAX accepte enfin de donner de la voix et d'entraîner l'hélice en bois amoureusement taillée par Marc. Guillaume aux commandes, le " Canard " s'éloigne vers le large.

Aujourd'hui il ne volera pas ; ce n'était pas le but principal de cette phase d'essais. Mais Guillaume rééditera un déjaugeage d'au moins 2 des flotteurs, peut-être même des 3 si on regarde à la loupe certaines des nombreuses photos qui ont été prises à cette occasion.

Merveilleuse aventure que vit cette équipe d’amis désintéressés et passionnés. 100 ans après Henri FABRE, presque dans les mêmes conditions, ils suivent pas à pas le chemin qui, prochainement nous en sommes tous persuadés, les mènera à l'envol.

Il n'était pas présent parmi nous le jour de la mise à l'eau, mais Louis FABRE, l'un des fils du grand ingénieur Henri à passé bien du temps autour de cette réplique lorsqu'elle était exposée devant le Musée de l'Hydraviation. Avec le recul de ses 94 ans et beaucoup d'émotion, il nous confia, lorsque nous procédâmes à son interview (mon ami Jean-Michel POULOT, reporter et animateur à la Radio Voix du Béarn et moi-même) tout le respect et l'admiration qu'il conçoit à l'égard de l'équipe Bulin. A cette occasion, il nous gratifia de quelques unes des anecdotes qui émaillèrent les quelques vols de son père, il y à déjà 100 ans, avec le tout premier hydravion qui décolla de l'étang de Berre.

Voilà, mes amis. Durant les 4 jours où j'étais présent à ce 13ème rassemblement, j'ai encore eu le regret de ne pas pouvoir faire partager ces moments exceptionnels à quelques uns d'entre vous, mais qui sait... A force de vous les raconter, un jour, parviendrais-je enfin à susciter en vous l'envie de venir les vivre en direct !

Patrice, avec la supervision d'Isabelle et de Bernard pour les détails techniques

Quelques photos de la manifestation.


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