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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Encore un matin.

Lu dans : " Matins qui chantent "

" Et bientôt le rouge et blanc de la manche à air et de quelques balises coniques au sol, finiront le décor traditionnel sur fond de chaîne des Pyrénées ".

Ça, c'est fait !

Samedi dernier 18 septembre 2010, une équipe constituée de Philippe, associé de tous les combats, Yves l'aviateur du village voisin, David le vélivole et Serge de chez Turboméca, donc, que des " aéros " (1), se réunissaient pour dresser ce mât de 7 mètres et enfin faire flotter la chaussette. Le tissu blanc et rouge encore sous les plis de l'emballage se gonfla vite sous un petit vent d'ouest, dans l'axe, validant l'orientation du terrain.

Synchronicité

On était 5, donc 4 paires d'yeux scotchés !, à pouvoir en témoigner : Dans les minutes qui suivirent la prise au vent de la " flamme ". La Patrouille de France ne nous fait-elle pas un passage en parallèle et un peu au sud du terrain ? comme pour saluer la venue au monde des installations de Ponson ! Même les incrédules en conviendront ; si ce n'est pas un signe du ciel çà ! Mais la Patrouille, la vraie ? Oui, la PAF était dans le sud ouest ce samedi, remontant d'un air-show à Biarritz, honorant au passage les clubs de Laloubères et le meeting de Sadournin en Hautes Pyrénées, par un lâcher de fumigènes tricolores, et à destination de Muret prés Toulouse pour dignement fêter le départ du célèbre rallye Toulouse Saint Louis du Sénégal en mémoire de l'Aéropostale, et de ses pilotes, St-Exupéry et autres héros...

Sous de tels hospices, il ne manquait que le premier poser.
Ça, c'est fait aussi.

Hier mardi 21 vers 14 heures, l'éternel Gégé des Vélivoles Bigourdans toujours dispo, saute dans le DR 400 180 cv Sierra Uniform, et nous décollons de Laloubère. " Tarbes de Sierra Uniform, en provenance de Laloubères, 2000 pieds QNH, pour transiter au nord de vos installations, à destination de Ponson Dessus ". Après un long silence, pendant lequel la voix féminine du contrôle aérien a du faire défiler la liste des plateformes débutant par P, repique au micro : " Sierra Uniform, vous pouvez répéter la destination? "? C'était la première fois que résonnait dans les ondes aéronautiques ce nouveau titre.

Ça va vite, Ponson est à 7 minutes de Tarbes. Gégé repère le terrain au premier coup d'œil grâce au rouge et blanc, et au passage verticale, la biroute dans le coma, nous laisse le libre choix du QFU. C'est en 28, pente légèrement montante, que s'effectuera le premier kiss-landing sur les 600 m de gazon. Sans surprises, l'avion s'immobilise peu après le milieu de la piste et le roulage s'avère des plus confortables, grâce au coup de compacteur de David. Je partage mon bonheur par une bonne poignée de mains à Gégé, qui ne boude pas son plaisir d'être avec moi le premier pilote ici. Petit coup au cœur bien sur, mais aussi validation des choix du projet, et aboutissement des trois années de multiples opérations administratives et de travaux, avec une pensée pour ceux qui m'ont aidé, entre autre : Patrice et les Mirauds-Volants, les copains pilotes et les représentants d’administrations pour les papiers, Stéphane les lignes, Jean-Jacques le gazon, Yves et Reine puis Alberte les aragnets, Jean-Claude le Maire les cosmos en jachère fleurie du bout de piste, Philippe pour tant, et enfin Katia et David pour tout….

Et de deux…

Ce matin, Yves d'Aast, heureux propriétaire du flambant Jodel DR 1050 Ambassadeur, posera pour la 2ème fois, mais en déflorant le QFU 10, en compagnie de Reine sa charmante épouse. La billetterie n'est pas ouverte, mais je serai le premier passager à embarquer au départ de Ponson, sur le beau Jojo Papa Kilo, pour son retour à son port d'attache de Rabastens-de-Bigorre.

Et de trois, et plus…

Cet après-midi, Julien de Sadournin, fils de Guy créateur du terrain - un bon copain parti trop tôt et trop haut dans les cieux - me demandait confirmation que Ponson était bien ouvert pour venir avec son Piper PA11, Fox Victor. Enfin, rendez-vous est pris pour ce dimanche matin, le Sierra Uniform reviendra pour un premier petit tour au dessus du coin pour les amis, avec Hugo en copilote et Lucas en passager. Il redécollera en 28, sens montant, ainsi tous les QFU seront expérimentés. On n'oubliera pas la coupe de bulles et les petits fours au pied de la manche à air servis par Philippe.

Maintenant, Aristide, l'ancien et vénérable du village, passe des heures au bord du terrain, scrutant les vents et le ciel, en quête d'un probable avion, et rêve de lointains voyages. La page création est écrite, et le livre des bons vols et petites histoires heureuses, est ouvert, posé telle la pierre ancienne (2), face au Pic du Midi.

Jean-Claude

  1. j'inclus Philippe dans les « aéros », via son fils Hugo de 16 ans, qui obtiendra prochainement le PPL, et survolait la piste dans son premier vol solo hors tour de piste, ce dimanche 5 septembre.
  2. Sur le cadastre le lieu dit est Peyrehicade, qui veut dire : pierre dressée. Ancienne borne, cairn guidant les voyageurs a pied, ou relais visuel ? De ce point dominant du plateau de Ger à 383 mètres d'altitude, en un endroit précis, par une trouée dans la forêt, on voit la fière tour carrée de 40 mètres de Montaner, «gratte ciel » du moyen âge bâti en 1375 par Gaston 3 de Foix-Béarn, dit Gaston PHOEBUS.

Pour lire ou re-lire son précédent témoignage.


Et maintenant, un autre témoignage, du même hauteur, la tête en vrille, dans les étoiles !


Voltige en planeur pour un miraud

Vendredi 3 octobre 2008 vers 15 h, je devais recevoir mon baptême de voltige en planeur. Il pleut des cordes et le thermo extérieur de la voiture qui m’amène à l’Aéroclub de Tarbes-Laloubère hésite entre 12 et 13 degrés. Au bout d’une heure de conciliabules météorologiques autour de la machine à café, l’impossibilité de voltiger s’impose à tous. Remis à demain m’annonça Daniel Serres, venu 3 jours initier les vélivoles a sortir d’une mise en vrille ou autre situation de vol scabreuse.

Ce sera pour une autre fois me dis-je ; je partais le week-end en Ariège à l’invitation d’anciens collègues professionnels de mes 3 ans passés à Varilhes au siècle dernier.

Festivités finies dimanche midi, au départ de Pamiers, le soleil radieux et les 21 degrés ont remis dans mes yeux les arabesques vélivoles dans le ciel bleu des Pyrénées.

Un coup de fil à Gégé, le Président et quelques kilomètres plus tard, vers 15h, j’attends mon tour en bout de piste 08 à Laloubère.

Bien breller… ça peut servir, et je suis en place avant du DG 1000 Echo Kilo et chargé du basculement radio Laloubère et Tarbes Pyrénées pendant l’évolution because la CTR au dessus. La montée tranquille vers 6000 pieds nous permet de faire connaissance et trouver des amis pilotes communs du temps de L’Aéroclub du Béarn, ( piste en herbe de 900 m de long au nord est de Pau, maintenant reprise par les promoteurs) où j’avais commencé avion et un peu de planeur et voltige en Cap 10, voici 30 ans et plus….

A 2000 m ça chauffe au visage. Le bon vieux MS 893 nous aligne face au soleil de cette fin d’après midi automnale, donc quasiment plein ouest et verticale la piste. Une secousse du câble qui se décroche et c’est le calme absolu. C’est des planeurs les plus silencieux au monde dit Daniel, grâce à l’aérodynamique et surtout à la qualité des joints cokpit-cellule de cet appareil.

Sécurité d’abord, par une annonce radio début d’évolution au contrôle de Tarbes, puis deux 360 inverses pour scruter le volume dessous, que nous allons « manger » en quelques minutes.

« Ca va ? » « Oui ». Et je me sens obligé d’ajouter : « Très bien ! » tant je suis heureux, tel celui qui a monté l’escalier… prendre son pied !. Ici en fait les pieds on va les descendre ! Et vite.

En apéritif j’ai droit à un renversement tantôt sur l’aile gauche, puis sur l’aile droite, avec son apogée de silence, un court instant suspendu aux étoiles. S’il y a un rétroviseur, Daniel c’est sûr, voit mon sourire…

Plat de résistance. « Ca va ? » « Oui ». Et j’éprouve le besoin d’ajouter : « C’est fabuleux ! » Rassuré, Daniel m’annonce : « On y va pour la boucle ! » On plonge manche tout avant vers 200 kilomètres heures, ça siffle, et on tire, on tire encore dur ce manche. La compression nous écrase au siège, les épaules tombent avec les joues, la tête s’incline. L’effort de me redresser, trop tardif, est déjà inutile, les forces s’annulent en passant la verticale cap au zénith. Une fraction de flottement et ça s’inverse, tête en bas. Ça se calme. Faut lâcher du manche et pousser un peu. Voila que mon corps se détache du siège et vite mon poids se charge sur les bretelles. Je n’ai jamais autant aimé mes bretelles ? Sous ma tète, 3 mm de verrière puis 1800 m de vide, mais la gamberge s’arrête de suite avec tout le poids de mon corps qui revient en avant et aussitôt recolle mes fesses au siège, en compression, cap vers la terre. Ça siffle. La sortie nous détend et on glisse doucement. La boucle est bouclée.

Dans le rétroviseur maintenant, il verrait à mes yeux la patte d’oie qui plisse, et mes dents se découvrir un peu…

« Le sourire est une floraison de l’âme » Confucius ...

Puis la dégustation continue par tonneaux vrilles et autres boucles plus coulées. Que du bonheur ! Tout se passe en douceur et dans ce silence voluptueux seulement accompagné du sifflement des accélérations de vitesse. C’est doux comme la main dans un grand plat de pâte à crêpes, un Saint-Chinian à Palavas, une bêtise à Cambrai…

Les G ?. + 3,7, -1. Le plus impressionnant est le vol dos, manche avant avec sa traction irrésistible hors du poste de pilotage. Sainte bretelle. On prie pour que l’attache soit bonne, on élargit en coinçant les coudes sur les cotés pour retenir en force, Et je n’ai pas eu droit comme certains au virage vol dos, screugneugneu, Il en parlent encore.

De retour sur le plancher des vaches, c’est un éclat de joie libérant, la dopamine envahit mon corps et mon esprit. C’est une expérience sublime, que je conseille sans modération.

Nul doute que ces exercices au delà des sensations plaisir soient extrêmement profitables pour la maîtrise de la machine en circonstances normales ou plus limites, et que le pilote vélivole gagne en confiance et sérénité après de telles évolutions.

Merci Daniel pour ta maîtrise, Gérard d’avoir organisé, et à tous les membres du club présents avec une mention pour Cathy et Sandra entre lesquelles j’ai fait un 800 m bout de piste 08-26, sans bêtises.

Un Miraud voltigeant,
JCL 07/10/2008.


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