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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Stage Vélivol de Luchon.

"Train en partance de Luchon à destination de Toulouse-Matabiau, départ, 17h25"

Assise dans le train, mes bagages callés, je repense à ces quatre jours...aux moments passés dans les airs, à ceux passés assise dans l'herbe, aux stagiaires dont j'ai fait la connaissance, aux personnes de l'aéro-club que j'ai retrouvées ou rencontrées, au C.D.A.J. qui nous avait déjà accueilli l'année dernière, à l'aéro-club où règne une ambiance si particulière...

Un coup de sifflet me ramène à la réalité. Le train m'emporte vers Toulouse. Je quitte Luchon, cet endroit qui désormais m'évoque tant de choses. La dernière phrase de Noël, le président de l'aéro-club, raisonne dans ma tête : "Ah ! Le train, ça va te changer du planeur !"

Un grincement venu de je ne sais où se fait entendre. Puis parvient à mes oreilles le grésillement du haut-parleur d'où s'échappe faiblement la voix du contrôleur qui annonce les innombrables gares dans lesquelles nous allons nous arrêter. Une, deux, trois secousses... Le train est en marche.

La place à côté de moi est vide, il fait une chaleur accablante. Je repense alors aux après-midi que j'ai passés au bord de la piste, au grand air. Le planeur en vol, nous attendons qu'il revienne. A l'ombre, je discute avec Carole, Abdel ou Gildas. La conversation tourne aussi bien autour des activités aéronautiques qu'autour de nos loisirs, notre travail, notre quotidien... Je me sens à l'aise. Je fais part à Carole, qui a quelques années de plus que moi, de certaines inquiétudes ou interrogations. J'écoute ce qu'elle dit. Je puise dans le discours et l'expérience de chacun quelques éléments de réponses. Petit à petit, des liens se tissent, une complicité s'installe.

Il s'est passé tant de choses en si peu de jours ! Des rencontres, des découvertes, des sensations nouvelles... J'ai notamment pu éprouver ce que l'on ressent lorsqu'on décolle au treuil : départ en flèche, une force extraordinaire qui nous scotche dans notre siège, le bruit du vent, le frottement de l'air sur le planeur... Tout va si vite ! Et puis, d'un coup, nous sommes largués : le planeur reprend une trajectoire horizontale, autant qu'il se peut et c'est parti pour une heure si les conditions météorologiques le permettent. Nous trouvons des courants ascendants, nous spiralons et nous voilà à 1800 mètres d'altitude. Curieusement, un sentiment de plénitude m'envahit ; je n'ai pas peur, bien au contraire. Pendant quelques instants, Guy, Noël ou Christian deviennent mes yeux : ils me donnent les informations et les instructions nécessaires pour que je puisse prendre les commandes ou mettre en application ce que nous avons vu le matin même, m'expliquent ce qu'il se passe ou pourquoi ils reprennent les commandes, me décrivent la beauté du paysage...

Nous flirtons avec les crêtes des montagnes ; nous croisons d'autres planeurs, des parapentes, des vautours et autres oiseaux... Silencieuse, je savoure chaque seconde. Tous mes sens sont en éveil : le bruit du filet d'air qui s'engouffre dans le planeur m'indique notre vitesse approximative ; une étrange sensation sous mes fesses m'annonce la présence d'une ascendance ; une tâche verte, sur ma droite, laisse deviner des pins... "Allez, on va retourner vers la piste."

Le voyage s'achève. Il va falloir attendre le lendemain avant de pouvoir repartir. Bizarrement, après avoir passée un moment dans les airs, je suis plus calme, sereine.

Nous avons également eu le privilège de rencontrer Joël et Olivier, deux des ingénieurs qui ont mis au point le Soundflyer. C'est d'abord sur un simulateur, guidés par Joël, que nous essayons d'apprivoiser le nouveau système. Quelques heures plus tard, ce n'est plus devant un écran mais bien devant le tableau de bord du planeur que je me retrouve : le casque sur les oreilles, la tablette sur la cuisse, les explications de Patrice en tête, je suis prête à tenter l'expérience.

Pendant les dix premières secondes, une note aigüe siffle dans le casque : nous sommes partis une nouvelle fois au treuil, le planeur est donc bien cabré... Au début, j'ai un peu de mal à piloter avec cette nouvelle forme de communication. Puis, peu à peu, je prends de l'assurance : je m'habitue à entendre des notes se mêler au bruit continu de l'air et quelques automatismes se mettent même en place. Je suis heureuse de pouvoir corriger seule mon inclinaison, avant même que Guy ou Noël aient pu ouvrir la bouche. Ce n'est cependant pas pour autant que je maîtrise tout. La présence de mon co-pilote et ses indications me sont encore indispensables. Il s'agit juste de faire gagner un peu d'autonomie à l'un et soulager un peu l'autre.

Lorsque je repense à ce stage, je suis incapable de dire ce qui m'a le plus marquée. J'ai éprouvé un grand plaisir à voler ; j'ai apprécié la compagnie des stagiaires ainsi que celle de Cathy, Annie ou François et j'ai été profondément touchée par l'attitude des personnes de l'aéro-club qui sont d'une patience que j'admire et qui semblent trouver normal que des "mirauds" veuillent piloter. Peut-être est-ce pour toutes ces raisons réunies que je me suis sentie si bien........

Stéphanie


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