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A.E.P.H.V.
« Les Mirauds Volants »

Mon Premier stage, mais pas le dernier !

Tout d’abord, permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Salim Ejnaini, suis âgé de vingt ans et suis actuellement étudiant en masso-kinésithérapie. J’ai perdu la vue suite aux conséquences inévitables d’une maladie de la rétine s’étant révélée dès mon plus jeune âge mais qui, malgré tout, m’a laissé un sursis d’une dizaine d’année d’une vision très incomplète. Sachant qu’un jour j’en perdrais le bénéfice, je me suis construit autour d’une seule idée qui, aujourd’hui encore est au centre de mon existence : l’idée qu’il y a un million de choses à faire dans une vie, autant de choses dont il est hors de question de me laisser déposséder par la peur. Ainsi, voilà quelques années que je pratique l’équitation en compétition au niveau national en saut d’obstacles.

Le plus ancien que je me connaisse, celui qui m’a gagné dès mon plus jeune âge, celui qui m’offrait l’espoir de m’évader de ma chambre d’hôpital étant enfant et qui aujourd’hui encore est synonyme de liberté, est celui de voler. Il a fallut bien du temps pour que j’enterre cette idée, que je la relègue au rang d’espoir d’enfants, de ces envies qui jamais ne se réaliseront. Après tout, et malgré tout le courage ou toute la fougue que peut avoir un jeune homme de mon âge, la réalité est faite de telle sorte que la qualité première d’un pilote est sa vue… Ou plutôt, le croyais-je. C’est ainsi, par des recherches hasardeuses, que l’espoir m’est revenu. Il existait donc, sur cette Terre, d’autres personnes qui caressaient les mêmes idées que moi, les mêmes envies de liberté ; il m’était donc permis de rêver, un jour, d’avoir la tête dans les nuages, aux commandes d’un appareil.

J’ai alors pris contacte avec Les « Mirauds volants », et pris part à mon premier stage de pilotage, de cours théoriques et pratiques, de radio et de mécanique, en bref, quatre jours de rêve.

Cet espoir auquel je n’osais plus croire, l’association lui a donné vie, comme à un ami, depuis longtemps oublié, qu’on retrouve après une trop longue période d’absence. C’est également à la contribution du Lion’s-club de Neuilly-Doyens que je dois la réalisation de ce rêve et l’ouverture de mon Carnet de Vol, et je vous en remercie du fond du cœur, bien que ces mots ne traduiront jamais assez fidèlement ce que ce geste a de signification pour le passionné d’aviation que je suis. C’est une porte que vous avez ouverte, un espoir que vous avez permis en moi. Merci de m’avoir donné mes ailes.

Il semblait ne jamais vouloir arriver, ce jour que j’attendais depuis plusieurs semaines. Il se cachait derrière toutes ces dates insignifiantes, comme pour me narguer, mettre à l’épreuve ma patience. Quoi qu’il en soit, plus les jours passaient, et plus c’était dure d’attendre. Et pourtant, ce fameux vendredi finit par arriver…

J’eus à peine le temps de ranger mes affaires de cours, le vendredi 27 avril au matin, dans notre sale de cours de notre IFMK de Limoges qu’il me fallait me précipiter à la gare. Ce n’est qu’en arrivant dans le train à destination de Roanne que je commençais à réaliser à quel point je touchais au but. Jamais, au grand jamais, ma patience pourtant bien aiguisée ne fut tant mise à l’épreuve par un voyage en train de cinq heures. Après le changement à Roanne, je fis la connaissance de Véronique qui, après m’avoir reconnu et à ma demande pressante, me parla abondamment de son expérience des stages, pour mon plus grand bonheur. Son récit ne fit qu’amplifier mon impatience.

Malgré tout, nous finîmes par arriver à destination. Après les froids nuages gris de Limoges, l’atmosphère lourde et plutôt tiède de Saint-Etienne me fit le plus grand bien. A l’aéro-club des Ailes Foréziennes, je retrouvai Patrice, fis la connaissance de Tomas et Frank, ainsi que des autres stagiaires avec qui je partagerais ces quatre jours, à savoir Chantal, Bernardo, François, Mériam et Terry. J’ai également retrouvé pour mon plus grand plaisir Ève, une très grande amie que la géographie a tenté de me retirer pendant près de six ans. Mais qui donc s’était amusé à placer un nuage sous mes chaussures, ce soir-là ? Comme Tomas et François le disaient, le compte grandit, cela faisait deux kinés et demi sur le stage.

Le lendemain pointa enfin le bout de son nez et dès les premières lueurs du jour, je me trouvais déjà à la fenêtre de ma chambre pour avoir une vague idée de la température et du vent. Ce matin-là dans la sale de cours, nous avons formé les binômes pour toute la période de stage. J’ai ainsi fait équipe avec Terry.

Pendant que certains restaient au sol afin de parfaire leurs connaissances théoriques, d’autres profitaient des conditions météo pour aligner le Kilo Golf et le Roméo Kilo sur la piste 18. Alors que les premiers binômes dont Terry et moi ne faisions pas partie revenaient, ils nous livrèrent leurs impressions sur le vol. Certains parlaient de machine-à-laver en plein essorage, du fait des fortes rafales de vent. Je me demandais bien à cet instant l’impression que cela devait faire de piloter dans ces conditions…

Dès l’après-midi, j’eus ma réponse. Mon instructeur, Philipe, m’expliqua en vol tous les inconvénients et les conséquences qu’entrainent les turbulences. « Il faut laisser vivre ton avion dans les mouvements d’air », me disait-il. « Laisses faire, et corriges ensuite ». Je pense avoir été meilleur élève en fin de stage qu’au début.

Toutefois ce stage n’en était pas un comme les autres. Il fut marqué des interventions de Brian, le cameraman présent sur place afin de réaliser un document vidéo sur les « Mirauds Volants » et dont la présence fut très agréable. Lui comme moi n’avons eu aucun mal à nous intégrer dans le groupe hors du commun auquel je peux maintenant m’inclure. Comment en serait-il autrement, quand tant de personnes se réunissent autour d’une passion que l’on croirait sans avenir ?

En dépit des apparences, c’est à regret que ma Calypso et moi avons quitté cette bonne ville de Saint-Etienne. Et bien que je fus triste de laisser derrière moi les visites pré-vol, les conversations radio au gré de chacun, les heures passées à apprendre quelques abréviations et cartes de la piste, les 27 31 au transpondeur, le Fox Hôtel Alpha Roméo Kilo ainsi que les nombreuses et très justes consignes de Philipe, je repartais fort de ma petite expérience et des moments que j’avais vécu, mais aussi et surtout des personnes formidables dont j’ai fait la connaissance et avec qui j’ai partagé des moments que jamais je n’oublierais.

Merci, les amis, de m’avoir permis ces moments magiques. Merci d’avoir rendu vie et donné tout son sens à mon rêve d’enfant.

Rendez-vous au prochain stage !

Salim

Quelques photos du stage.


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